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© Un type bien

Lundi 7 avril 2008

La réflexion ne remplacera jamais l’expérimentation. En toute chose il est bon de connaître les effets au lieu d’imaginer ce qu’ils seront. Pourtant il est des cas de figure où l’on préférerait ne rien savoir du tout et faire comme si rien n’était jamais arrivé.

 

En ce début de printemps alternant neige et soleil, je fais comme chaque année un changement de fond. Je fais un contrôle de routine et je regarde ce qui se fissure, ce qui s’abîme et ce qu’il faut reconstruire. Un peu comme avec une maison. J’inspecte les fondations parce que là j’ai ressenti la secousse de très loin et j’ai bien peur que toute la baraque s’écroule. Les fondations de ce que je croyais acquis se sont effritées comme une falaise de craie en bord de mer. Aussi sûrement que soudainement la cassure est apparue. Dans ces cas là, comme beaucoup, on cherche à savoir d’où cela provient. On remet en cause tout son système, toute la conception de la chose. On réfléchit, on extrapole, bref on cogite.

 

Comme toute bonne cogitation, celle-ci doit se faire en totale autarcie. C’est avec soi-même qu’il faut revoir point par point la mécanique de la chose. Se demander si on n’a pas fait des erreurs de jugement à force d’être conciliant. J’ai fais plusieurs expériences significatives en ce début d’année et j’en ai retiré les observations suivantes. Tout d’abord, La franchise et la vérité peuvent être deux notions complètement différentes. Je dis toujours ce que je pense, mais je ne pense pas forcément ce que je dis. La nuance est là. Ensuite, l’action est le plus sur moyen d’être fixé sur une chose. Je pense qu’il vaut mieux se prendre le mur une bonne fois et savoir que ça fait mal plutôt que de le regarder des mois durant sans avoir la moindre idée de sa texture ou de sa solidité. J’ai aussi découvert que la diplomatie ne marche pas avec tout le monde. Ce que l’on déclare devant autrui en le présentant comme une sincère volonté de trouver un terrain d’entente passe bien souvent pour de la démagogie. J’ai compris aussi que l’instinct se trompe rarement, mais pas en ce qui nous concerne personnellement. Si on sent quelque chose, mais pas pour nous, c’est que ça doit être bon. Il existe pourtant des exceptions mais la ce n’est pas une question d’instinct, c’est une volonté de faire passer ses envies avant sa morale ou sa raison. Là encore c’est un terrain glissant. J’ai découvert aussi que le silence est un confort auquel on s’attache bien vite. Rien de mieux qu’un non dit pour lancer les spéculations les plus alambiqués ou à défaut établir un statu quo maintenant un équilibre précaire. Enfin, j’ai appris à mes dépends que la majorité des gens sont capables d’agir de manière totalement irrationnelle.

 

Au final ce nouveau printemps m’a apporté, non pas des réponses à des questions personnelles et intimes, mais plutôt des chamboulements dans ce que je considérais jusqu’à présent comme établit et sur. C’est tout un univers qui est modifié, toute une partie de mon existence. Je crois que je vais passer ces prochaines semaines à réévaluer toutes mes convictions histoires de ne pas avoir de nouvelles – et mauvaises – surprises.

par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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