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© Un type bien

Lundi 31 mars 2008

On dit souvent que tout est question du point de vue qu’on adopte. Que chaque situation, quelle qu’elle soit peut être résolue si l’on sait regarder les choses sous un autre angle, avoir une vision plus globale des choses. Adopter la vision de l’autre et se mettre à sa place c’est avoir un coup d’avance sur lui, dans la vie comme aux échecs tout est question de stratégie.

 

Mais comment peut-on définir la stratégie au sens large quand on l’applique à la vie de tous les jours ?

 

Pour moi c’est avant tout une question d’observation. Avoir une vue d’ensemble du jeu. Car oui, la vie est un immense jeu. A nous de choisir quelle sera notre place dans le jeu. Simple pion, exécutant ou stratège ? Personnellement j’ai toujours eu une préférence pour la position du stratège. Ne pas agir directement, influencer les actions et laisser à ceux qui nous entourent et qui font partis de notre jeu le soin d’agir après que nous leur ayons prodigué conseils avisés ou fines suggestions. En bref, leur laisser leur libre arbitre et la domination de la partie car chacun a son propre jeu et s’invente ses propres règles. Celui à qui je donne tel conseil en fera ce qu’il veut, il ne suivra pas forcément le fil de ma pensée. C’est un peu comme jouer une partie d’échecs avec des pièces qui seraient vivantes et auraient leur propre caractère. Mais contre qui joue-t-on ? Qui est l’adversaire dans cette lutte de pouvoir ? Et quel est le plaisir qu’on en retire au-delà du simple plaisir du jeu ?

 

Nous jouons contre tout le monde mais en vérité c’est contre nous-même que la plus grande partie se déroule. L’intérêt principal du jeu tient avant tout dans le plaisir du défi et de se dépasser soi-même. Notre plus grand adversaire c’est notre ego. Il est un adversaire autant qu’un partenaire de jeu, nous luttons pour prendre le contrôle du jeu – de nos vies – en nous battant contre nos propres idées conçues, nos propres limites, notre propre détermination. Chaque coup joué, chaque stratégie mise en place sera indubitablement confrontée à un adversaire qui connaît chacune de nos ruses. Le but ici est de se surprendre soi-même. S’étonner chaque jour – à chaque coup joué – de sa propre capacité d’adaptation et d’innovation. Mais le plaisir du jeu peut aussi avoir son revers.

 

A trop vouloir chercher à voir les choses dans leur ensemble, on en oublie de regarder autour de soi. On ne fait plus attention aux conséquences, seul le plaisir du jeu et l’expectative d’un beau coup habilement mené nous intéresse. Et c’est là qu’on se rend parfois compte trop tard de l’énorme erreur que l’on continue d’exploiter. Il est souvent trop tard quand on s’en aperçoit. Il ne reste plus dès lors qu’à se replier rapidement et de – vulgairement parlant – sauver les meubles et sa dignité.

 

J’ai commis une erreur monumentale sans m’en rendre compte et je risque de le payer très cher si j’ose ne serait-ce que regarder dans cette direction. Il est grand temps de sonner la retraite.


 

par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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