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© Un type bien

Jeudi 27 mars 2008

C’est le printemps, du moins officiellement parce que si j’en crois la neige sur le rebord de ma fenêtre on en est loin. Comme chaque année au printemps je m’apprête à faire mon changement de peau, ma mue annuelle et décider quels seront mes nouveaux attributs de cette nouvelle saison.

 

Puisque le sujet était d’actualité, je vais rebondir de ce pas sur la notion abstention, de carême et de jeune. Après un week-end de paques riche – dans tout les sens du terme – je me devais d’exploiter cette image. Il y a peu j’ai eu une conversation avec mon collègue du jeudi. Le même qui a repoussé les avances d’une autre collègue pendant presque deux mois. Je m’étais souvent interrogé sur les raisons qui l’avaient poussé à refuser ainsi un peu de confort et de douceur gracieusement offerts. J’ai donc eu une conversation avec lui et j’ai eu mon explication. La principale raison est en fait d’une évidence affligeante. Il s’agit tout simplement d’image de soi. Je développe.

 

En tant qu’employé il véhiculait une certaine image de lui-même au sein de la société. Pour les collègues, les responsables, la hiérarchie, etc. Il projette une idée de lui qui n’est pas forcement l’image qu’il est réellement dans le privé. Le grand paradoxe de l’être et du paraître s’opposait donc à lui. Je comprends son dilemme. Il risquait du jour au lendemain de dévoiler une part de son être qui ne correspondait pas forcément avec le paraître qu’il renvoyait aux gens qu’il côtoyait chaque jour au boulot. Il est vrai qu’on n’a pas forcément envie de voir notre vie privée investir le bureau et encore moins nourrir les ragots et rumeurs à l’heure de la pause café. Cependant il a très vite compris que cette image qu’il tentait de dissimuler était en fait déjà connue d’une partie de ses collègues. Ceux qu’il qualifiait de pote – ou mieux – et qui le voyait en dehors du travail. Le vrai souci en réalité était de gérer une relation intime avec une relation professionnelle. Le problème qui se présentait alors était de savoir si l’image qu’il avait dans le privé était compatible avec une relation intime et sentimentale. Allait-il devoir changer son comportement public pour montrer à tous ce qu’il est en privé ou devrait-il au contraire modifier son comportement privé sans modifier son image publique ?

 

Cruel dilemme que voila. Du moins pour lui. Finalement, comme il me l’expliqua la solution vint d’elle-même. Ne pas changer et confronter la réalité des choses avec celle qui occupait ses pensées. Résultats, après quelques incursions dans sa vie privée, entourée de ses amis ou collègues, la demoiselle du se rendre à l’évidence et adapter son comportement et ses attentes à ce qu’il était dans le privé. En réalité, ce n’est pas à lui qu’elle a du s’adapter, c’est à nous qui formons son entourage privé. Le problème n’en était pas un au final. C’est ainsi qu’avec un peu de recul et la vision d’une prétendante s’adaptant parfaitement – plus ou moins – à sa vie privée, sans changer sa vie publique, qu’il céda.

 

Rien n’a changé ou presque dans leur vie publiques respectives, si ce n’est que maintenant tout le monde est au courant. De temps en temps l’une ou l’autre blague ou allusion fuse mais sans jamais penser à mal ni menacer leur réputation ou leur travail. Il n’y avait donc rien à craindre au final.

 

Reste une question intéressante pour moi. Je lui ai demandé s’il n’en avait pas un peu joué de sa position. Avait-il délibérément refuser et, pour employer l’expression d’usage, fait mariné la belle dans le seul but de se sentir désiré ? En guise de réponse je n’ai eu qu’un sourire en coin.

par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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