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© Un type bien

Mardi 20 février 2007

Je me sentais libre et heureux. Douze cents centimètres cubes entre les jambes. Quelle puissance ! Quelle sensation !


Je m’étais offert ce bijou une semaine avant et j’étais bien décidé à voir ce qu’elle avait dans le ventre. Ce dimanche là il faisait bon, il ne pleuvait pas et une douce brise me permettais de ne pas trop sentir l’étouffante chaleur sous ma combinaison de cuir épais. Assise derrière moi, Émilie était aux anges. Elle adore la vitesse et la façon dont les courbes de l’asphalte la font pencher de droite à gauche au hasard de notre ballade. Nous avions prévus un circuit complet. Route, campagne, monts et vallées, un peu d’autoroute pour la pousser un brun et finalement la mer pour se reposer et apprécier le beau temps. A mi-chemin nous faisons une courte halte pour se dégourdir le jambes et se désaltérer mais Émilie me presse de reprendre la route, elle adore cette moto et elle me dis qu’en septembre elle passera son permis pour pouvoir la piloter elle aussi. Je tique un peu. Mais avec son sourire je ne crois pas que je pourrais le lui refuser.


Je lui souris, gardant mes réflexions. Nous reprenons la route, avalant les kilomètres sous les roues de mon engin, de notre engin. Il fait beau, pas de nuage et la femme que j’aime est derrière moi, me serrant comme si elle avait peur de tomber. Encore un prétexte pour se coller à moi. Elle est vraiment merveilleuse.


Nous continuons à rouler, heureux comme des gamins avec un nouveau jouet. Les gamins. C’est un de ses sujets de conversations favoris en ce moment. Elle voit bien que ça me mets un peu mal à l’aise quand elle m’en parle, et elle en joue. A vrai dire, ça me plairait bien d’être père. C’est juste de sauter le pas qui m’effraie un peu. Nous arrivons. Je gare notre bel engin et nous faisons une ballade sur l’estacade, nous chahutons un peu et elle rit. Elle adore la mer. Moi, la dernière fois que j’ai pris la mer j’ai été malade comme un chien. Quand on a le mal de mer, au début on croit qu’on va mourir et après on regrette de pas être mort. Elle rit.


Il fait beau et les mouettes volent bas au dessus du port. Nous nous arrêtons sur la plage à quelques mètres de l’immensité de l’eau. Je regarde Émilie, humant les embruns, les yeux fermés et souriante. C’est le bon moment je crois. Je lui touche l’épaule et la tire de sa rêverie marine, elle me regarde et sourit. Qu’est-ce que je peux aimer ce sourire.


- Veux-tu m’épouser ?


Ça y est ! Maintenant j’ai la trouille. Elle ne dis rien. Et soudain elle se jette dans mes bras, pleurant à chaude larmes et prononçant un oui plein d’émotions et de promesses qui restera à jamais dans ma mémoire. Pour célébrer cela nous allons dans un petit restaurant de fruits de mer, elle adore les fruits de mer. L’après-midi touche à sa fin et nous décidons de rentrer chez nous. Profitant du beau temps et du bonheur qui est nôtre, nous rentrons par les petites routes de campagnes, sans nous presser. Des milliers de coquelicots et de fleurs sauvages bordent la route.


Je m’apprête à négocier le prochain virage et mon nez me pique. J’éternue. Je rouvre les yeux. Une voiture. Et plus rien…


Après mon réveil à l'hôpital alors que je venais d'apprendre le décès d'Émilie, une infirmière vint me voir et me demanda si elle pouvait faire quelque chose, je lui ai simplement demandé de me trouver un remède à mon allergie au pollen.

par Un type bien publié dans : Petites prose
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Mardi 13 février 2007

C'était un bel après midi de printemps, elles s'étaient parés de leur plus beaux atouts. Alice et Cécile marchaient dans le parc en direction du kiosque. Le chant des oiseaux accompagnait leurs pas tout comme le doux parfum des rosiers sauvages enivrait leurs sens.


- Je suis si impatiente d'y être ! dit Alice avec excitation

- Et moi donc ! rétorqua Cécile


Elles marchaient avec allégresse et joie au milieu de ce parc baigné par la douce lumière du soleil de ce bel après midi de printemps.


- Quelle chance nous avons eues de pouvoir encore trouvé des billets ! jubila Cécile

 - C'est vrai, dit Alice le sourire au lèvres


C'était un bel après midi de printemps, Vêtus de leur plus beau costumes, ils se dirigeaient vers le kiosque au milieu du parc. Flânant un peu, observant les diverses statues et plantes exotiques qui bordaient les allées, Tous ne songeait qu'au fait qu'ils avaient bien eus de la chance d'avoir des places pour un évènement de cette envergure. Au milieu de la foule, monsieur Blanchard et sa famille suivaient le cortège dans un silence de cathédrale. Ce dernier, en passant prés du monument , jeta un oeil a celui-ci et soupira d'un air mélancolique.


Traversant la grande esplanade, les deux amies pouvaient voir à quelques centaines de mètres de là, le kiosque avec l'orchestre déjà installé et les centaines de chaises blanches entourées pas un cordon rouge qui n'attendaient plus qu'elles. L'excitation monta chez les deux femmes. Sur leur visage un immense sourire commença à se dessiner.


- Dépêchons nous ! dit Alice L'orchestre est déjà en place, le concert va commencer !

- Ne t'inquiète pas, même d'ici nous pourrions l'entendre, nul besoin de nous presser. Répondit calmement Cécile


L'entraînant par le bras, Alice pressa le pas et son amie en direction de l'entrée ou un jeune homme l'air distingué s'affairait à relevé le talon des billets. Elles passèrent le portail et se dirigèrent avec une excitation soudaine vers leurs sièges respectifs.


Tout doucement, la foule pénétra dans l'enceinte du parc intérieur, silencieusement ils se dirigèrent à leurs places en attendant l'arrivée des musiciens.

Sautant d'un pied à l'autre et fières comme jamais de participer à un événement de la «haute», Alice et Cécile n'avaient de cesse de regarder à droite et à gauche dans l'espoir d'apercevoir quelques célébrités. Alice eue une pensée pour son mari et son fils qu'elle avait laissé à la maison, car son mari n'avait que peu d'affinité pour la grande musique. Les musiciens finissaient d'accorder leurs instrument sous l'oeil admiratif de tout les convives, impatient d'entendre ce concert. Tout en continuant sa quêtes, Cécile glissa doucement à Alice.


- Tu imagines que dans plusieurs années, peut être cinquante ans, il se peut que le même concert aura lieu et que nous pourrons dire « nous étions à la première » et peut être y seront nous aussi !

- C'est vrai, c'est assez enivrant que de savoir que l'on est les premiers à écouter une oeuvre et de se dire que plus tard elle sera rejoué encore et encore pour d'autres personnes.


Le brouhaha cessa à l'arrivée des musiciens, qui dans le plus grand silence s'installèrent chacun à leur pupitre, attendant le signe de départ du chef d'orchestre. Ce dernier entra sur scène, discrètement applaudit par la foule.


La musique commença, Alice et Cécile étaient aux anges, jamais elles n'avaient assistées à plus beau concert, un ravissement de chaque instant, d'une légèreté et d'une poésie que même les obscurs jours qu'elles vivaient en cette période de guerre ne pouvaient troublés.


Monsieur Blanchard, accompagné de sa famille avait pris place en milieu de rangée, sa petite dernière Aurélie lui demanda alors.


- Dis papa, pourquoi il y a de la musique aujourd'hui dans le parc ?


Il la pris sur ses genoux et lui désigna la statue devant laquelle ils étaient passés tantôt.


- Tu vois cette statue là bas ?


La petite acquiesça d'un signe de tête


- Et bien, elle a été placé là en mémoire de tout les gens qui sont morts il y a cinquante ans aujourd'hui, et le concert c'est pour se rappeler d'eux et rendre aussi un hommage à tous ceux qui sont morts pendant la guerre comme mon arrière grand mère.


La petite Aurélie parue, aux yeux de son père, avoir saisie cette idée malgré la perplexité qui émanait de son visage.

L'orchestre venait à peine d'entamer le troisième mouvement, quand soudain un sifflement aiguë détourna l'attention Alice qui leva les yeux au ciel et n'eut le temps que de saisir la main de son amie assise à ses cotés, elle eurent toutes deux une expression de terreur soudaine et d'accablement. Un instant après, tout ce qui faisait le charme de cette belle après midi de printemps venait d'être réduit en cendres par deux bombardiers qui passaient par là.




par Un type bien publié dans : Petites prose
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