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© Un type bien

Mercredi 28 mai 2008

Cela fait plusieurs jours – voir semaines – que je n’ai plus eu l’occasion de me retrouver seul dans la fosse à l’heure du déjeuner. Aujourd’hui, miracle, je suis seul ou presque et je peux à nouveau exercer mon droit de voler du temps à mon entreprise pour pratiquer mon activité favorite. Je me dois de revenir séance tenante sur certains événements récents. Après le décollage des semaines passées j’ai connu le week-end dernier ce qu’on appele un décrochage. Le premier étage de ma fusée a été largué et j’ai subi un relent d’attraction terrestre. Il m’a fallut déployer toute mon ingéniosité pour continuer ma course vers les étoiles. Bref.

 

En bon fils, je me devais d’être présent dimanche dernier chez mes parents. Bien que je ne cautionne pas du tout ce genre de festivité commerciale – je n’ai pas besoin d’un jour précis pour dire à ma mère que je l’aime – j’y suis allé car la promesse d’un bon repas a fait pencher la balance. J’ai donc passé la journée en famille et le soir venu j’ai fait un bilan de ma journée. J’ai effleuré du doigt bien des vices ce dimanche. Que ce soit du point de vue catholique, bouddhiste ou musulman j’ai – je crois – enfreint pratiquement tout les interdits et commis un bon nombre de péchés. J’ai bu plus que de raison, j’ai englouti plus de carbonnade qu’il n’en faut pour nourrir deux hommes, j’ai fainéanté allégrement, j’ai menti – très pieusement, plus par omission qu’autre chose –  je me suis laissé allé à une certaine colère, j’ai été envieux de mes semblables, j’ai flatté mon ego en prenant les gens de haut – à leur dépend bien entendu – j’en passe…

 

Qu’est-ce qui a bien pu motiver un tel comportement ? L’envie de transgresser l’interdit ou simplement un laisser-aller général sur la journée ?

 

En tout cas, une chose est sure, même si j’ai franchi la ligne à certains moments, jamais je n’ai  laissé libre court à mes pulsions. Et pourtant j’avais de bonnes raisons de le faire. Je ne sais pourquoi mais depuis quelques temps un sentiment de frustration vient me hanter à des heures indues. Une sorte de besoin primal d’aller au-delà de tout et de ne faire que ce qui est bon pour moi sans jamais mesurer mes pensées ni mes envies. Je peux avouer avoir eu des idées bien sombres et viles ces derniers temps mais jamais je n’ai pu franchir le cap de les concrétiser. Je me demande ce qui a bien pu retenir mon bras de frapper ce tocard aviné qui m’a interpellé dans la rue de manière plus que grossière. Tout comme je ne sais ce qui m’empêche de céder à la facilité lubrique. Je ne sais pas si j’ai une conscience, ou si ma morale et mon éducation sont responsables de ma retenue. Etrangement, je ne me sens pas frustré de ne pas avoir agit, je me sens plutôt fier au contraire d’avoir su garder la tête froide et d’avoir agit avec discernement et non avec mon instinct qui me poussait à refaire le portrait d’un gars, d’un coté, ou à user de ficelles bien rodées pour ne pas passer la nuit seul, de l’autre.

 

Je dis toujours dans les entretiens d’embauche – ou autre – que ma principale qualité est de ne jamais perdre mon sang froid. Je crois qu’à force de le dire c’est devenu une sorte de mantra qui sert de climatiseur pour refroidir mes instincts les plus bas. Se détacher des envies et des besoins et l’un des grands principes des philosophies orientales. On devient un être complet et parfait – si tant est qu’on peut l’être – en acceptant nos imperfections et nos plus viles pulsions mais sans jamais y céder, ou si pieusement comme en se gavant jusqu’à la garde de carbonnade flamande.

 

Oui, j’avoue avoir abusé de certaines choses ce week-end, mais en contrepartie n’ai-je pas juste céder à la simple et honnête – si on veut – tentation de me faire simplement plaisir ? Personne n’est parfait, moi le premier.

par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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Mardi 20 mai 2008

Les dernières semaines ont été riches en expériences et en révélations. Entre le retour pour quelques jours de Action F – le plus grand de tout les héros –, Un concert dans une église avec mon amie des arts, une escapade au pays des maître fritiers, quelques soirées vidéo ludique, parfois remplies d’hémoglobine pixélisée, chez l’ami du jeudi, une séance chinage en bonne et due forme à wazemmes, une soirée de discussion de fond avec Judith – la dame de cœur de l’ami du jeudi – et Mr White, un peu de squattage à la citadelle, des soirées arrosées plus que de raison, une liste laissée à une inconnue et un pique-nique à Vauban, je peux dire que ces premières semaines de mai ont été plus que bien remplies.

 

Mais au-delà des réjouissances, Il est intéressant de voir comme tous ces petits événements qui n’ont à priori pas de liens entre eux finissent par mener à des résultats surprenants. Surtout quand on en connaît l’origine.

 

Pour bien faire je devrais faire un résumé de tout ce qui c’est passé depuis le 11 janvier de cette année. Car pour moi c’est là que tout à commencé. C’est là que le premier engrenage a bougé, a mis en route la machine qui a levé le voile et a tout emporté avec elle. Mais je ne le ferais pas. Trop fastidieux et peu intéressant au final pour qui n’a pas vécu les événements de l’intérieur. Mais j’en ai au moins retiré une chose. Ce sont souvent les petits riens qui sont à l’origine des grands changements. Tout à commencé par une accolade. Une simple accolade, pendant laquelle j’ai eu un instant de doute et d’hésitation sur la marche à suivre, mais qui aujourd’hui a pris des proportions Dantesque.

 

J’ai perdu et gagné beaucoup. J’ai appris autant. Et aujourd’hui je fais ce qu’auparavant je ne faisais jamais. Comment un geste aussi tendre et amical qu’une accolade a pu avoir de telles répercussions dans mon microcosme – ou cycle karmique – si bien rodé jusque là ?

 

C’est simple. J’ai fais un choix.

 

Depuis longtemps je cherchais l’issue de ce cycle qui ne me convenait plus aussi bien qu’avant. Ça grippait dans les rouages, si je puis dire, mais je m’y étais fait. Ce jour là j’ai fait un choix, puis un autre ensuite et je ne me suis plus arrêté. J’ai cessé d’être totalement impartial et neutre pour tenter de faire pencher la roue de la fortune dans ma direction. J’y suis arrivé, mais à quel prix. En y réfléchissant bien, c’était peu cher payé.

 

Je ne regrette rien, car les regrets ne sont bons qu’à se faire du mal. Assumer ses choix, là est la grande force du mouvement et du changement. Sans péril, pas de gloire. Il faut parfois mettre un coup de pied dans la fourmilière pour déterrer les trésors. Pour moi ça a été une accolade après un bon repas et la machine s’est arrêté une seconde. A l’instant de l’arrêt j’ai pu comprendre que je me laissais bercer par pas mal d’illusions. Depuis des années j’avais fuis en avant pour me créer une vie autre que celle que j’avais. Pour oublier certaines choses. La fuite a du bon car elle permet de prendre du recul sur le passé et d’envisager – parfois – un retour. Ce retour je l’ai fais. Certains y verront une autre fuite en avant, un changement radical, une félonie – pour employer de manière plus courtoise un propos qui m’a été tenu très récemment.

 

Mais j’ai fais un choix. J’ai remplacé l’engrenage branlant de mon existence et le moteur et parti à plein régime. Je me suis arraché à l’attraction terrestre pour aller planer là-haut dans les étoiles comme nous en rêvions – mon héroïne et moi – lorsque nous étions enfants.

 

par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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