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© Un type bien

Mercredi 11 juin 2008

J’aime la notion d’avatar. Savoir que derrière les apparences se cache une signification plus profonde que l’œil ne peut pas voir. Il y a quelques semaines, le fait que j’ai le cœur sur la main m’a valu l’obtention d’un numéro.Je ne savais pas à quoi m’attendre, tout ce que je savais c’était que j’avais envie de faire sa connaissance. Ce que je lui ai dit. La demoiselle en question a accepté un déjeuner sur l’herbe en ma compagnie et nous avons fais connaissance. Nanonaine – Surnom qu’elle m’a permis d’utiliser – est infirmière de son état, mais là ne s’arrête pas sa simple description. Au bord du canal de Wasquehal nous avons devisés pendant un temps. J’ai appris d’elle comment soigner une piqûre de guêpe avec trois fois rien, qu’elle faisait de la jonglerie, du jeu de rôle, qu’elle aime le rock, que son compagnon est couvreur – métier de plus en plus rare – et qu’elle est sans doute aussi curieuse que moi. On a toujours tort de s’arrêter au premier regard. Même si l’instinct se trompe rarement, il est toujours bon de regarder au-delà des choses. Regarder au-delà du masque qu’on nous présente. Regarder au-delà de l’avatar.

 

Mais l’avatar est aussi celui qu’on se crée et le week-end dernier j’ai pu me plonger corps et âme dans un avatar que j’avais créé.

 

Avec quelques collègues et amis, nous sommes allés au fin fond de l’Aisne pour nous adonner à deux jours de loisirs imaginaires en costumes. Nous représentions une délégation d’un culte dédié aux morts – une sorte d’entreprise cléricale de pompes funèbres – et nous n’avons pas quitté deux jours durant nos frusques de prêtre, soldat, mercenaire sanguinaire ou mage au sombres secrets.

 

Raconter tout ce qui c’est passé durant ces deux jours n’aurait que peu d’intérêts. Il faut le vivre pour savoir quel plaisir on peut en retirer. Il faut hurler à la charge ou invoquer un sortilège dévastateur pour savourer pleinement le plaisir du jeu. Mais pour satisfaire l’appétit de récit de chacun je peu dire ceci. Durant ce week-end, mes compagnons et moi (seul ou en groupe) avons entre autres : fait parler le cadavre d’un elfe noir, enquêter sur la mort suspecte d’une noble, combattu des hordes de créatures impies, procéder à des rituels magiques, officier un service funéraire, ramener de l’autre monde l’esprit d’un prêtre complètement fou, ouvert un sarcophage pour y prélever le cœur de la défunte qui s’y trouvait, pris position vis-à-vis de tel ou tel dieu, ouvert un portail dimensionnel, fait une partie de balle au prisonnier géante avec armes et grands fracas et enfin purifier le fort de toute présence chaotique.

 

Mais une grande question m’a trituré l’esprit sur le chemin du retour. Qui était toutes ces personnes ? Que font-elles quand elles ne sont ni prêtresse elfe ou baron de Salzenmund ? Je n’en sais toujours rien.

 

Et pourtant au moment du départ j’ai été m’entretenir avec plusieurs autres participants. Mes meilleurs ennemis – archidiacre de Sigmar tu bruleras en enfer pour ta trahison ! Pardon je m’égare – dont je recommande les geôles à tous tant l’accueil y était agréable. J’ai aussi parlé un temps avec les maîtres des lieux qui nous ont offert un divertissement de taille et qui – surtout – m’ont laissé mettre le souk pendant toute la durée du jeu. J’en passe… Et pendant ces entretiens pas un mot sur nos vies réelles si ce n’est l’endroit d’où nous venons. J’ai gardé d’eux l’image de leurs avatars.

 

Tous, nous avons créé un avatar ce week-end. Bien souvent éloigné de notre propre vie, cependant je ne peu m’empêcher de penser que dans ces personnages que nous construisons nous mettons une partie de nous-même que nous ne montrons pas tout les jours. Nous avons tous plusieurs avatars que nous construisons. Plusieurs masques.

 

Alors, quelles sont les véritables chimères que nous présentons aux autres ? Le masque que nous présentons chaque jour au travail, dans le métro ? Ou alors est-ce celui que nous créons pour pouvoir relâcher la pression et se donner à fond dans l’imaginaire le temps d’un week-end ?

 

Je crois qu’il y a du vrai dans les deux cas.

par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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Mercredi 4 juin 2008

Féru d’expériences nouvelles j’ai eu l’occasion le week-end dernier d’assister à une superbe expérience sociale. Vendredi, après un passage forcé chez le dentiste j’ai agonisé dans mon canapé sous l’effet bienfaisant des antidouleurs en me préparant pour une partie de loisirs imaginaires prévue le soir avec mes frères. Sans entrer dans les détails, la partie fut des plus intéressante et malgré la poche de glace qui me ceignait le visage toute la soirée, j’ai passé un très agréable moment. Mais là n’est pas le fond de la chose. L’idée et que nous jouions à un nouveau jeu et que par conséquent nos personnages devaient se rencontrer et se découvrir. De là naquit l’idée d’assister à de nouvelles rencontres.

 

Samedi, je devais retrouver mes frères, mes copines, mes potes et collègues pour la présentation officielle de mon dernier opus vidéo. Quel meilleur terrain pour assister à de nouvelles rencontres qu'autour d’un dénominateur commun ? Comme l’an passé, j’y suis allé sans espoir aucun. Il y a toujours plus abouti que mes propres productions qui n’étant pas dénuées de qualités restent néanmoins plus proche de l’amateurisme faute de moyen. Malgré cela, mes compagnons de la soirée étaient quand à eux optimiste et encourageant pour ma présentation. On peut même carrément dire qu’ils m’ont mis la pression. Alors j’ai noyé les doutes – sifflements, huée, indifférence totale, etc. – à grand coup de Queue de charrue, de Faro et de Hommelbier. Mais j’avais oublié que les antidouleurs et l’alcool – même si la bière n’en est pas vraiment, c’est de la bière – ne font pas très bon ménage quand on a rien dans le ventre depuis la veille. J’ai donc sombré petit à petit dans l’ivresse et l’euphorie du moment en regardant pour la première fois la rencontre entre mon bon ami et ma sœur, entre Mr White et mes frères. Bref j’ai mélangé sans le vouloir et sans préméditation mes différentes sphères de relation sociales. Le résultat n’a rien donné d’exceptionnel en soi. Une entente cordiale avec moi qui naviguait au milieu de tout ces petits groupes – forcément on ne se mélange pas aussi facilement.

 

La soirée est donc passé sans anicroche, mon film a eu un accueil correct – pas de sifflements ni de huées – et j’ai fini ivre mort, raccompagné chez moi par mon vieux frère M.

 

Tout au long de la soirée j’ai pourtant eu une crainte, une seule et vraie et qui n’avait aucun rapport avec mon film - ou si peu. J’appréhendais la venue ou la non venue de quelqu’un. Car même si j’étais entouré de tout ceux que j’aime il y avait une personne dont j’espérais secrètement la présence. Mélange d’espoir et de crainte car je ne savais pas, dans l’état où j’étais, si j’aurais pu avoir un comportement digne et savoir refreiner l’envie de lui dire tout, n’importe quoi et de le regretté après coup. Chance ou malchance, elle n’est pas venue.

 

Cruel dilemme qu’est le mien. Je meurs d’envie de la revoir mais j’ai peur de ce que je pourrais dire ou faire. Je crains les conséquences de mes actes avant même d’avoir la possibilité de les faire. Aurais-je également peur de sa réaction qu’elle que soit l’action que j’entreprendrais à l’instant ou nous nous retrouverions ? Il y a presque une demi-année que je ne l’ai pas vue et je me demande souvent ce qu’elle est devenue ou ce qu’elle fait. Je n’ai pas le courage de l’appeler directement ou même de mettre un pied devant l’autre pour aller la voir.

 

Pourtant je devrais bien y faire face un jour, il faudra bien que je vois de mes propres yeux ce qu’est devenue la fleur dont le parfum me hante encore parfois.

par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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