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© Un type bien

Vendredi 27 juin 2008

Tout fout le camp.


Je viens de passer la semaine à digérer plusieurs choses et non des moindre.


Premièrement, il va y avoir du changement dans la fosse. Mes deux collègues les plus proches – géographiquement parlant – sont sur le point de s’en aller et de me laisser seul suite à une fin de contrat et des négociations en plein échec. J’ose à peine imaginer le retard qui va s’accumuler si pendant une période donnée je suis seul maître à bord. Déjà qu’on a du mal à se maintenir à niveau à cause des retards occasionnés par ces fichus logiciels qui marchent quand ça leur chantent. Maintenant ça va vraiment être l’horreur. Je pense avec effroi à la pile gigantesque de documents à traiter qui va s’amonceler sur mon bureau dans les semaines à venir. Ça va être du délire pur et simple.


Mais passons sur ce petit incident de la vie de bureau. Moi, je débranche le mode travail entre dix sept heures et huit heures trente le lendemain. Donc ça ne va pas me gâcher la vie de savoir qu’il y a plus de trois mille documents de retard et qu’on est loin de les traiter.


Non, ce n'est pas ça l'important. Il y a eu un incident. Que dis-je, une catastrophe qui s’est produite durant ces dernières semaines et dont j’ai eu un compte rendu détaillé et irréfutable dimanche dernier. Je résume. Un barbecue d’anniversaire, tout ce qu’il y a d’ordinaire. Des rencontres, du punch, de la saucisse et une bonne ambiance. Qu’est-ce qui aurait pu gâcher tout ça ? Une simple constatation… De toute mes connaissances, hommes ou femmes, nous ne sommes plus que deux – Niniel et moi – à être des unités singulière. Pour le dire plus clairement. Ça se case à tout vent dans mon petit univers. Nous ne sommes plus que deux à être tout seul. Mais que va-t-on devenir ? Avec qui allons nous partager nos déboires et nos anecdotes de célibataires ? Toutes les copines ont trouvés à s’occuper et tous les potes sont rangés comme des chaussettes dans un tiroir. Je confirme… Tout fout le camp.


On peut dire que je l’ai pas vu venir celle-là, même si j’ai contribué à au moins une formation d’unité binôme.


En fait, cela fait huit mois que je vois autour de moi les 1 qui se transforme en 2. Tous y sont passés. L’ami du jeudi, le vieux pote, le bon ami, les frères, l’amie des arts, les copines… Tous ! Même Mr White est en passe d’abandonner sa carte de membre du club des célibataires. Perdre mon wingman, ça c’est un coup dur.


Alors que faire ?


La tentation est grande de céder à la facilité, de se trouver une autre unité singulière pour former un binôme. Mais je prends conscience que j’agirais plus par dépit que par envie. Je n’ai pas envie de me retrouver affubler de quelqu’un que je n’aurais pas choisis parce que j’en aurais eu envie mais parce que petit à petit je me retrouve isolé de mon réseau de connaissance. Je n’ai pas envie d’être victime de cette épidémie et de me retrouver, moi aussi, dans une unité binôme. Non pas que je n’en ai pas envie – j’avoue j’en crève d’envie – mais contrairement à la majorité des gens je ne pense pas qu’être seul soit une fatalité. Ça a, certes, ces désavantages mais je ne peux concevoir après tout ce temps de me rabattre sur la première venue sous prétexte de faire comme tout le monde.


Non, je refuse d’en arriver là. Malgré tout ce que je dis et clame chaque jour, j’y crois encore, enfin je crois encore à une chose. Je ne crois plus aux mythes, je ne crois plus à la déesse qui fera de ma vie un paradis, je ne crois plus à tout ça. La seule chose à laquelle je m’accroche encore c’est à cette certitude qu’un jour, quelqu’un, d’un seul regard va me figer sur place – comme c'est déjà arrivé. Mais en attendant que cela se reproduise, Niniel et moi devrons assumer le rôle qui sera le notre désormais. Nous serons les exceptions qui confirmeront la règle.


Moi, ça ne me gêne pas. Mais elle ? Va-t-elle succomber à la facilité et à cette pandémie ? Je trouve qu’il serait dommage d’abandonner l’unicité pour le duo, surtout pour un simple phénomène de mode… Façon de parler.



par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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Mercredi 18 juin 2008
Il m’est souvent arrivé par le passé de me replonger dans de vieux cartons et de faire un tri dans mes reliques. Bien souvent je passais plus de temps à relire des papiers et à me remémorer les souvenirs qui y étaient liés plutôt que d’effectuer un véritable rangement. Hier soir j’ai reproduit cet acte mais d’une manière plus concréte. Hier soir j’ai ouvert, métaphoriquement parlant, mon carton où sont rangés tout mes souvenirs de fac.

Je me suis rendu hier à une projection de films faits par des étudiants. J’y suis allé parce que je jouais dans l’un d’entre eux qui a été tourné l’an passé. Ma première impression en remettant les pieds sur le forum a été de faire un voyage dans le temps. Toute les personnes que j’allais croisées durant cette soirée appartenaient à un passé révolu. Il y a six mois que je n’avais pas vu au moins l’un d’entre eux. Etrange sensation que celle-là. Nous n’avons plus de vie commune et pourtant les souvenirs et le lieu nous unissent encore et toujours. J’ai donc recroisé mes camarades de maîtrise et malgré le temps et l’espace qui nous séparent nous avons retailler le bout de gras comme nous le faisions auparavant lorsque nous attendions le début d’un cours. J’ai aussi revu d’autres personnes, que j’ai reconnu ou non, et avec qui le contact a été aussi aisé. J’ai aussi revu la fleur qui me hantait. Je savais qu’elle serait là et je savais aussi que je devais la voir pour m’ôter, une bonne fois pour toutes, ce parfum qui traînait derrière moi depuis des mois. Résultat, rien. Ou plutôt si, un soulagement. Je n’ai ressenti ni remords, ni regrets, ni mélancolie, rien. Le parfum c’est évanoui aussitôt. Ainsi donc, je devais me confronter une fois encore à mes fantômes pour pouvoir leur tourner le dos définitivement.

Ceci fait, je me suis mis à mon poste d’observation et j’ai regardé ce qui se passait tout autour de moi. Pratiquement que des visages connus ou familiers. Le joyeux bordel caractéristique des soirées étudiantes englobe le tout. Nous rentrons dans la salle et assistons à la séance. On a donc maté des films d’études. Certains très bien, d'autres moins bons mais tous avec une vraie volonté de création et des idées originales. Mais l'analyse filmologique n'intéresse sans doute pas grand monde, j’en resterai donc là.

Une fois la séance finie, je suis allé parler à quelques personnes. Certain pour les féliciter de leurs travaux et d’autre juste pour savoir comment ils allaient. J’ai salué qui je devait et j’ai ensuite pris le chemin du retour en compagnie d’une personne m’ayant reconnu alors que moi pas, du moins pas au début. Dans le métro nous avons parlé de tout et de rien. De son vélo californien, de photos, de cinéma, j’en passe… Je l’ai laissé devant le cinéma où elle avait rendez-vous avec cette fois-ci un au revoir et non un adieu.

Hier soir j’ai rouvert ma boite à souvenir de la fac. Je n’ai rien rangé, ni jeté – comme d’habitude – mais j’ai repris goût à un certain type de conversation et d’ambiance. Je verrais bien si ma mise en orbite récente va me permettre de garder le contact avec la terre qui m’a vu m’élancer. Je l’espère car hier soir j’ai retrouvé des sensations et des plaisirs que je croyais révolus à jamais.
par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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