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© Un type bien

Lundi 28 avril 2008

Depuis six mois maintenant que je travaille dans cette société j’ai pu me familiariser avec l’argot du cru. Des termes comme RC, NA, SU, BN, déplafonner, mora, intégration, saisie, vérification core, tableau d’amortissement, j’en passe, n’ont plus de secrets pour moi. J’avoue quand même avoir parfois quelques difficultés quand j’écoute les conversations autour de moi et que mes collègues en places depuis plus longtemps emploient leur propre argot – dérivé de l’argot officiel – et l’utilisent aussi aisément que le langage courant.

 

J’aime bien la notion d’argot, elle a un coté élitiste et secret. On se comprend entre gens du même monde argotique et ça nous donne une illusion d’un savoir que n’ont pas les autres. Ce week-end j’ai expérimenté une nouvelle forme d’argot. Je devrais plutôt dire que mes expériences du week-end m’ont rappelé un certain argot.

 

Je résume. Samedi soir le temps étant plus que clément pour la première fois depuis des semaines. Je rejoins donc mon ami du jeudi, sa belle et Mr White pour une petite séance de cinéma. Après celle-ci – riche en émotions – l’ami du jeudi et sa belle regagnent leur nid et Mr White et moi-même prenons le chemin de la nuit qui s’offre à nous. Rapidement, notre conversation et nos regards se verrouillent sur les jeunes femmes qui errent dans les rues à cette heure. Nos regards se synchronisent. Nous ne sommes plus en ballade, nous sommes en mission de reconnaissance. Mr White n’est plus mon compagnon d’errance, il est mon ailier. Culture geek oblige, je pense tout de suite à Top Gun et Starwars. Mr White et moi devenons alors SFR3 et DE20.


 

Résumé façon pilote...

 

Comme deux crevards on enfilait des perles en attendant de casser la manette. On en était au glutch. En tant que deux bons pailleux on check le sapin de noël pour voir le signal de take off et le moment où on pourrait cranter la PC. Le glutch terminé on enfile nos combardes et la nuit était à nous. On voulait passer par le légumier histoire de recharger les couilles du géant vert et d’être au mach. Mais le légumier a fini son quart et on marche au radar tefal en attendant d’en trouver un autre. Soudain la nav signale l’approche de plusieurs target. On mets nos groins et on break pour entrer dans la danse. Le pétrole coule à flot, on fait de l’huile et le radar s’affole. On fait plusieurs tour de reco et on fini par verrouiller le suppositoire. On rend le manche pour par partir en vrille mais les belles rompent le combat. Le rapport officiel sera un manque d’heures de vol. Y a pas pire qu’une bande de zus qui allume leur dard mais qui flippent dès qu’on est dans leurs six heures.

 

On ne tarde pas à décrocher pour repasser chez un autre légumier on était short pétrole. On fait le plein et le cap est mis sur la citadelle. On lime pour passer sous la couverture radar et éviter de manger chaud. Finalement on tape dur sur un banc et on refait le monde. A 0400 on raccroche les combardes.

 

Dimanche, on remet ça. Mais avec plus d’entrain. Les deux pailleux que nous sommes sont devenus ensemble une belle paire de pointus. On met le cap sur l’hospice comtesse avec une petite couille de pétrole – on avait encore des restes de la veille – histoire de passer un bon vol tranquille sans vriller. La mission se déroule sans accroc et le radar n’est définitivement plus un tefal. Chacun notre tour on prends le shift pendant que l’autre rend le manche. Plusieurs target sont verrouillés, donc deux RAF dans les six heures, mais aucun shoot. Fin de mission 1700 après debrief chez le colonel F.

 

Mr White et moi on a appris à se connaître ce week-end. J’avais un collègue, je me suis fais un pote et maintenant j’ai un wingman.

par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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Lundi 28 avril 2008

Hier soir j’ai fais à nouveau une expérience des plus intéressante. J’ai testé dans le cadre de la soirée des amis du jeudi la soirée jeu en groupe. Je m’explique. Mon ami instigateur des soirées nous a reçu comme à l’accoutumée, mais vu que depuis peu il partage son quotidien avec une galante il a fallut ménager quelques adaptations. En l’occurrence, d’un coté un tournoi de football vidéo ludique – dont j’étais l’arbitre officiel – et de l’autre une table ronde d’amatrices de poker réunies par la dame de cœur du maître de maison. J’observe.

 

Pas mal de couple au premier regard. Une grande majorité dirais-je même et les quelques célibataires de la soirée ne le sont que pour des raisons purement pratiques. Leurs dames à eux sont occupées ailleurs. Que se passe-t-il alors ? Ça mange, ça joue et ça boit.

 

Au salon, ça braille et ça s’enflamme devant une action rondement menée ou un but marqué alors que tout était contre l’attaquant. Dans la salle à manger, ça braille et ça s’enflamme après une bonne main ou un pot ramassé alors qu’une telle était à deux doigts de se faire éjecter de la partie. Même comportement mais pas le même jeu. L’ambiance s’élève un brin quand les premiers éliminés de chaque secteur se déplace et erre parmi les tables de jeux. Des chants se font entendre, des cris, des rires, des bravos et des bancs d’honneur après un match gagné sur le fil par l’ami qui reçoit.

 

Les deux tournois finis, une chose se passe. Les deux groupes se mêlent et c’est alors à coup de violence numérique que les conflits se règlent. J’assiste bouche bée devant une scène de ménage réglée à coup d’attaque ninja et de super pouvoirs. Le ton monte et la belle gagne la partie. Le vaincu s’en va la queue basse ruminer sa défaite. Il tente de me prendre à partie mais ses arguments tombent à l’eau. Il attaque sa moitié sur le fait qu’elle le critiquait sur sa manière de jouer. Je ne réponds pas car je comprends que les critiques de la belle n’étaient que stratégie pour le déconcentrer et qu’elle a réussi son coup avec brio. On ne peut pas critiquer une partie si rondement menée. Je fais donc la sourde oreille et je continue d’observer. L’équilibre précaire qui s’était installé durant la première partie de soirée est en train de se disloquer à vue d’œil. Les groupes se mélangent et les conversations redeviennent ordinaires. Entre verres de bière et autre cocktails floraux la conversation prends rapidement le chemin de l’habituel querelle qui oppose les deux versant du genre humain. Moi-même pris dans l’euphorie de l’instant j’analyse avec Mr White le changement de comportement qui s’opère depuis une heure et nous y allons de nos commentaires acerbes et bien sentis sur tel ou telle personne.

 

En rentrant chez moi j’avais une impression étrange, comme si j’avais assisté à une bataille rangée. Dans un premier temps, on place ces troupes, on se motive, on s’entraîne et on observe l’ennemi. Ensuite vient le temps de la confrontation et les instincts reprennent le dessus. On entends les noms d’oiseaux qui fusent au dessus des bavardages de rangs et ça se fini, forcément, par la défaite de quelqu’un.

par Un type bien publié dans : Chroniques du quotidien
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